Comment se positionner dans un environnement VICA

Dans un monde VICA ( Volatile, Incertain, Complexe et Ambigu ), nous pouvons avoir un effet positif sur ce que nous manifestons à l'extérieur en se positionnant intérieurement. Selon le concept RIME (S. Sharma), l’équilibre se trouve par la Recherche Intérieure vers la Manifestation Extérieure et inversement.

Le contexte VICA

1. La complexité : les éléments en interaction sont de plus en plus nombreux et variés.

2. Un monde paradoxal : le monde d’aujourd’hui est celui des « possibles », mais aussi des « contraintes ».

3 - Un état de crise : socio-économique, de la famille, des valeurs, de l’individu lui-même

4. L’évolution et le changement

5. L’incertitude

 

Les conséquences

- Tensions et stress : aux niveaux individuel et organisationnel

- Désorganisation

- Doute sur les solutions

- Situations contradictoires ou ambiguës

- Interrogation sur l’identité (comment je me situe dans un monde incertain) et les priorités

 

Pourquoi se positionner intérieurement ?

Nous remarquons que les Perfectionnistes (“Maximizers”), les personnes qui cherchent à créer un état intérieur en fonction des manifestations extérieures et toujours à la recherche de perfection, sont insatisfaits et n’arrivent pas à se sentir bien ou à atteindre un équilibre personnel.

À l’inverse, un Optimaliste (“Satisficer”), une personne qui est satisfaite dès lors que le curseur de l’acceptabilité basé sur ses valeurs intrinsèques est atteint, sait trouver l’équilibre sans avoir à gérer le stress de ses attentes extérieures.

Il est donc primordial d’adopter l’approche d’un satisficer pour concentrer son énergie vitale de l'intérieur vers l'extérieur pour ne pas être happé par le monde. Apprendre à sentir et ressentir vivre le favorise l’action sereine plutôt que la réaction précipitée et permet de vivre le moment présent

Se positionner dans à son environnement permet de ...

  • Pouvoir faire face à cette situation d’instabilité chronique dans son environnement immédiat, lieux de vie, de sociabilité, de travail où l’on exerce sa fonction.

  • Gérer le stress créé par les turbulences de l’environnement pour en éviter les conséquences néfastes.

  • Se positionner par rapport au travail collectif, à son engagement dans le travail d’équipe.

 

Les manifestation extérieures liées au positionnement intérieur et au bien être ( P. et X. Papillon)

Après s'être positionné intérieurement sur : besoins, compétences, cadres de référence, émotions et valeurs; nous anticipons plus facilement nos postures dans un monde VICA.

Le concept du Courant Stratégique compte 4 catégories de manifestations extérieures à prendre en compte.

  • L’environnement : caractérisé par différentes contraintes, il nous demande de prendre part à diverses stratégies. Avoir compris sa posture et son rôle permet de réagir plus promptement aux fluctuations de l’environnement.

  • Les tâches : se connaître soi-même permet d’accepter les tâches qui nous correspondent ou de refuser les tâches contraires à nos principes.

  • Nos relations sociales : notre bien être a un impact considérable sur nos relations au quotidien. L’énergie que nous dégageons lors de nos interactions est intégrée par nos collègues et nos proches avant de nous être renvoyée de façon verbale ou non verbale.

  • Nos clients et partenaires : dans notre modèle économique, être au clair par rapport à ce que nous souhaitons représenter et transmettre permet d’être plus efficace et de gagner la confiance de nos interlocuteurs.

 

Comment dépasser la vision d’un monde VICA ?

VICA’, ou l’ouverture optimiste sur le monde sous-entend :

Vision : orienter l’action et faciliter le changement.

Intelligence au sens de la Compréhension : intelligences multiples, multitude de perspectives.

Clarté : rester concentré et créatif pour partager la vision.

Agilité : Être flexible et s’adapter pour des prises de décisions souple et innovantes

 

Les solutions VICA’ :

1 - Dépasser une culture de rôle (Vision)

La culture de rôle est une culture sécurisante, de stabilité et de prévisibilité, une organisation où chacun fonctionne avec un système de règles, de procédures, de structures.

Cette culture de rôle trouve son origine et sa raison d’être dans un monde de stabilité, de certitude et de sécurité ; elle devient caduque face à un environnement complexe, paradoxal, en perpétuelle mutation, fait d’incertitudes et de crises.

L’organisation, enfermée dans ses structures rigides et ses rôles cloisonnés, est vouée à l’inadaptation, par son incapacité à réagir de façon rapide et efficace aux turbulences externes et internes.

2 - Donner l’intérêt d’une culture de projet (Intelligence Collective)

La culture de projet s’organise autour d’un maillage d’équipes opérationnelles, d’un réseau d’équipes de travail centrées sur la résolution d’un problème, sur un objectif, sur la réalisation d’un projet.

Ce mode d’organisation paraît particulièrement correspondre aux caractéristiques du monde d’aujourd’hui ; au-delà de la simple adaptation au contexte actuel, il nous invite à une véritable projection dans l’avenir qui donne du sens à l’action quotidienne.

3 - Faire face à la complexité (Clarté)

Être pragmatique en adoptant une approche transversale et globale est primordial. Nous devenons capables de mobiliser une compétence pointue tout en gardant la capacité de développer une vision et une compréhension globale du système dans lequel nous évoluons.

4 - Face à un état de crise : retrouver du sens (Intelligence Collective)

La recherche d’une vision partagée de l’action, et des valeurs qui l’accompagnent, concourt à la définition de l’identité sociale et professionnelle des acteurs. Ainsi chacun se reconnaît dans et par l’action, et aussi à travers les relations professionnelles développées.

5 - Face aux évolutions et aux changements (Agilité)

Nous considérons les changements comme des occasions de progresser et de s’adapter de façon “inter-active”. Nous apprenons à décoder les étapes de la transition, avec les émotions liées; pour passer d’un état à un autre.

6 - La gestion de la pression de l’environnement : (Intelligence Collective)

Le contrôle interne caractérise les individus qui pensent agir directement sur les événements.

Le contrôle externe se réfère à l’idée que les événements ne dépendent pas de nous.

Pour gérer correctement la pression, l’équipe :

1. Décide d’agir en priorité sur les variables de choix, ce qui dépend d’elle, de nous (notre impact).

2. N’agit pas sur les variables de l’environnement, si celles-ci s’avèrent immuables, à ce moment-là. (zone non influençable)

3. Évite de confondre les variables et de les prendre l’une pour l’autre.

4. Investit, élargit sa zone d’influence en étant force de proposition.

7 - La gestion de l’incertitude (Complexité)

Elle opère sur 3 niveaux :

-Le contrôle de l’incertitude renvoie à la tendance des membres d’une culture à se sentir menacés par des situations incertaines ou inconnues. « Ce qui est inconnu est dangereux ; ce qui est différent est inquiétant. »

-Le manque de contrôle correspond à un sentiment de perte de contrôle de la situation, ce qui engendre l’angoisse...du pire ; l'émotion domine avec risques de blocage de l’action et de la réflexion ou risque de violence.

-Le contrôle partiel peut créer de la peur, du trac ; l’individu mesure un risque et décide alors de prendre un risque calculé ; la raison domine l’émotion qui devient une énergie constructive : « la peur donne des ailes » ; l’individu peut agir.

8 - Transformation de l’angoisse en peur (Agilité)

La culture de projet permet d’importer l’anxiété ambiante et d’exporter confiance et sérénité.

L’angoisse est une émotion agitatrice ou inhibitrice qui anticipe le pire et a pour conséquence une perte de raisonnement et des comportements de retrait (dans son coin ou dans sa tour d’ivoire), de repli, de blocage ou de violence.

La peur est une émotion que l’on peut reconnaître, accepter, valoriser. Pouvoir la nommer est le signe de la perception d’un risque, d’un danger ; elle invite à la prudence, à l’évaluation du risque, à se demander « jusqu’où puis-je aller ? » ; elle permet de rationaliser l’émotionnel. Elle fait appel à la raison et l’intuition pour doser,et/ou au courage pour oser.

La gestion des émotions est une compétence vibrante (compétences basé sur l’intelligence émotionnelle et le leadership). Être capable de transformer l’angoisse en peur est une capacité vitale qui a de la valeur dans un monde incertain car elle permet de rassurer son entourage pour lui permettre de surmonter des blocages souvent illusoire.

9 - L’adoption d’une attitude de collaboration (Intelligence collective)

Face à un environnement fait de turbulences, d’incertitudes, de problèmes, d’évolutions et de changements, trois attitudes sont possibles :

1.Le renoncement : attitude de fuite et d’évitement ; refus de la mission, abandon, soumission, maladie.

2. « Je vais m’en sortir tout seul » : vision solo, travail en silo.

Ces deux premières attitudes conduisent immanquablement à l’isolement, ce qui revient à ne pas profiter de l’expérience des autres, mais aussi à ne pas coopérer et donc à empêcher les autres de gagner, de réussir. Nous faisons alors parti du problème.

3. La collaboration : attitude de base en période de crise

La collaboration, clé de la réussite du travail d’équipe est une stratégie à adopter face aux turbulences de l’environnement, pour rechercher le « Tous gagnants ». Alors, cette attitude permet de coordonner les tâches, de développer la communication opérationnelle et augmenter la performance, de renforcer la communication interpersonnelle en intégrant respect, bienveillance et empathie.

 

Conclusion et perspectives : se positionner en tant que leader créant d’autres leader.

Imaginez l’image d’une bougie allumant une autre bougie !

Être capable d’évoluer face à l’incertitude fait de nous des leaders, car nous faisons reculer les zones d’ombre en permettant à l’ensemble de voir plus loin.

Il existe différent niveau de leader. Progresser à travers ces différents positionnements et états d’esprit permet d’évoluer vers l’efficience de façon sereine et l’équilibre stable et en mouvement..Comme un surfer.

 

Les 4 leaders (J. Jaworski) : Schéma


 

Un continuum se dessine : l’égocentrique vit le VICA avec intensité et s’en protège. L’éclairé manie avec sagesse les paramètres du VICA’. (voir schéma)

Adopter la posture de leader permet d’appréhender son environnement avec Vision , Intelligence, Clarté et Agilité et donc de réagir plus rapidement et plus précisément lors de situations imprévues. Agir en utilisant notre intelligence collective dans une culture de projets permet de répartir le poids des responsabilités et éviter qu’une personne seule subisse une charge excessive de stress. Avoir une vision d’ensemble devient primordiale, il est donc nécessaire de s’ouvrir le plus possible pour recevoir et transmettre les différentes visions établies par le groupe et trouver une direction commune.

 

Des solutions aux compétences VICA’

Le leader VICA’ développe 4 compétences et 14 sous-compétences :

  1. Créer une vision et savoir la partager

voir et re-voir régulièrement la vision et le chemin

voir avec l’esprit et le coeur ouverts

  1. Développer les intelligences multiples, connaître et valoriser ses points forts

devenir un business partner reconnu et accepté

comprendre, initier et s’impliquer dans les projets

interroger le sens et transmettre le sens des actions à mener

se concentrer sur les zones d’impact et d’influence

coordonner, coopérer, collaborer

aller vers l’autre avec tact et courage

  1. Clarifier les buts et les moyens

développer une approche systémique

improviser avec maîtrise et confiance

rendre l’information accessible et compréhensible

écouter et intégrer les feed-back des interlocuteurs

  1. S’adapter de façon réactive et agile

connaître les mécanismes du changement et savoir en tirer parti

utiliser l’énergie des émotions de façon constructive

 

Vous souhaitez développer votre posture de Leader ? Contactez nous !